Odilon de Lindenbourg aurait pu naître noble. En effet, ses deux parents, membres de la petite noblesse de Laure auraient pu être mariés devant le Céleste. Ils auraient pu ne pas concevoir Odilon hors de ces liens sacrés et ne pas faire de lui un bâtard. Sa famille paternelle aurait pu ne pas le renier, et sa famille maternelle ne pas l’isoler lui et sa mère hors de vue.
Mais tristement, ce n’était pas dans les étoiles pour lui.
Odilon grandit avec comme seuls amis un serviteur âgé, jugé par sa famille comme trop vieux pour servir adéquatement la branche principale, mais assez loyal pour être gardé en service, et les livres que ce dernier lui apportait. Sa mère, Rosemonde, incapable d’accepter sa faute pour son égard de conduite, blâmait Odilon pour son retrait de la noblesse active. Il grandit, percé par les insultes et les diatribes sur la gangrène du culte du Céleste ainsi que sa responsabilité dans la déchéance de leur Palatinat. Il n’est point surprenant que la solace d’Odilon se soit retrouvée dans les rêves de terres lointaines, d’exploration et de découverte.
Habile avec les lettres ainsi que les chiffres, il n’aura pas été difficile pour lui de se faire une place dans les premières caravanes en direction de la Terre des Roses. Il y passa quelques années, aidant avec les inventaires, assignation des ressources, et comptabilité.
Il revient donc à la Capitale avec le désir de pousser cette exploration. Tenter de bâtir un projet qui pourrait amener, idéalement, une nouvelle gloire à Laure, mais surtout, la découverte de nouvelles terres et cultures.