Historique Public

Né à la 310e année de l'ère royale, Adalbert Auguste est originaire de Castel les Fleurs, dans les Salimes en Fel. Ses parents, de pieux Célésiens sympathiques au règne de la famille palatine Lobillard, durent, alors qu'il n'était qu'un enfant, s'exiler hors du palatinat afin de fuir le déclenchement de la guerre civile par la famille Aerann. Jusqu'à sa quatorzième année, c'est donc à l'abri des conflits à Haut-Dôme qu'Adalbert parfit son éducation religieuse, académique et nobiliaire.

Lorsque la Guerre de l'Avènement fut déclarée en 323, les parents d'Auguste furent parmi les fiers Valéciens associés à la noblesse de Fondebleau qui rejoignirent le Guérisseur couronné. Ses livres sous les bras, le jeune homme déménagea alors dans la cité d'Yr où, au sein du Siège des Témoins, il poursuivit ses études spirituelles tout en participant aux rencontres mondaines auxquelles ses parents tenaient à l'initier. Rapidement, le spectre de la guerre fit comprendre à l'étudiant que c'est en se démarquant de ses compères et consoeurs qu'il s'assurerait un avenir. Dès lors, il saisit toutes les occasions qui se présentaient à lui afin de participer au Siège des Témoins aux rencontres ecclésiastiques que le Guérisseur couronné convoquait fréquemment afin de le supporter dans l'application de la justice citadine.

À force de nuits blanches de rédaction d'essais, de traités et de transcriptions, Adalbert capta finalement l'attention du Monarque en 355 au lendemain du Concile de Porte-Sainte. À ce moment, la nécessité de constituer un chapitre de la Foi dans la cité d'Yr s'imposa à la Couronne. Or, qui devait-elle nommer au titre de premier juge royal de la capitale d'Ébène? De nombreuses candidatures furent suggérées, mais chacune de celles-ci était associée à un intérêt politique, idéologique ou religieux donné. Pourtant, le Monarque ne pouvait se permettre, après la sanglante guerre qui ébranla le pays, de prendre ainsi parti. Son attention se tourna alors à la surprise générale vers Adalbert Auguste. Originaire de Fel (comme la Reine Isadora), étudiant du Val-de-Ciel (comme le coeur de ses armées), religieux et aristocrate, fervent monarchiste malgré ses modestes origines nobles, Auguste était une candidature sûre. Plus encore, il avait moult fois prouvé son esprit critique en matière judiciaire. En 355, à la demande personnelle du souverain d'Ébène, Adalbert Auguste fut sacré premier juge royal d'Yr.

Jusqu'en 369, soit peu avant la mort du Monarque, Adalbert servit fidèlement le royaume. Son travail en tant que juge fut caractérisé par une application extrêmement traditionaliste, axée sur les dogmes célésiens et ferme des lois. À de nombreuses reprises, il régla un litige à l'aide d'un simple proverbe commun. Le plus célèbre d'entre eux fut : "Qui vole un pain, perd une main".

Toutefois, après plus d'une décennie de service et ses propres énergies le quittant, le juge décida que l'heure était venue de céder sa place à la relève (en la personne de Léonard Laurence de Blanc-Roc). Pendant près de dix ans par la suite, il se retira à Castel-les-Fleurs sur l'ancienne terre de ses aïeuls afin de vivre une vie d'étude, de contemplation et de jardinerie. Or, lorsqu'en 379 le juge de Blanc-Roc fut incarcéré pour trahison, la Reine Adrianna décida de rappeler Auguste, désormais âgé de 69 ans, dans la capitale afin de tenir le titre sacré le temps que la situation s'apaise.